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Monographies de
graffitis anciens et
recherches en cours

 

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HUGO ET LES GRAFFITI

par Jean-Mary COUDERC

icone-noteRésumé / Abstract :

Hugo est un être sensible et imaginatif et de surcroît un observateur attentif qui cherche à comprendre. Il ne peut s’empêcher de se mettre à la place de l’auteur d’un graffito et éventuellement d’épouser sa cause. En voyage, seul ou avec Juliette, il n’hésite pas à graver son nom ou leurs deux noms sur un monument, ou à inscrire son mécontentement sur le mur d’une gargotte. Les graffiti sont dans plusieurs de ses ouvrages un point de départ (Notre-Dame de Paris), un accompagnement et une fin (Les Misérables), ou bien un décor (Le dernier jour d’un condamné à mort).

Hugo is a sensitive soul, imaginative and moreover an attentive observor who tries to understand. He cannot prevent himself from putting himself in the place of a graffito’s author and possible espousing his cause. On a trip, alone or with Juliette, he doesn’t hesitate to carve his name or both names on a monument, or to register his dissatisfaction on the wall of a very cheap restaurant. In several works, graffiti are a starting point (Notre-Dame de Paris), a support and an ending (Les Misérables), or else a setting (Le Dernier jour d’un condamné à mort).


Introduction

Il a fallu arriver à la période romantique pour qu’on se préoccupe des graffiti apparaissant comme l’expression du peuple, un matériel ethnographique et social, bref de l’histoire vivante. Le romancier Hugo y a puisé à l’envi, d’autant qu’au cours de sa vie, il a éprouvé des frénésies scripturales ou graphiques étanchées sur de nombreux carnets ou agendas mais aussi sur les murs.

Ainsi, dans le carnet de 1868, où le 28 août, il décrit la mort de son épouse et les modalités funéraires, il ajoute (Massin, p. 1512) : « A cinq heures, on a soudé le cercueil de plomb et vissé le cercueil de chêne. Avant qu’on posât le couvercle du cercueil de chêne, j’ai avec une petite clef que j’avais dans ma poche, gravé sur le plomb, au-dessus de sa tête : V H. »

D’un point de vue pratique, il ne faut pas oublier qu’au début du XIXe siècle le mur est encore la feuille blanche du pauvre ou de celui qui n’a pas de papier sur lui pour écrire et communiquer.

Dans la partie IV, livre V, chapitre 6 des Misérables, Cosette, en larmes, apprend à Marius, son bien-aimé, que Jean Valjean a décidé de partir avec elle en Angleterre. Marius promet de trouver une solution et de revenir dans deux jours. Par prudence, il laisse son adresse, qu’il inscrit sur le mur.

I. L’homme et son imaginaire

 

Il y a deux contextes de lecture des graffiti : la froideur ou l’empathie.

Si je crois personnellement ne les avoir étudiés que sous leur aspect historique et ethnographique, laissant l’affect de côté, j’ai rencontré des collègues qui, à la lecture de graffiti courants, se mettaient spontanément à la place de l’auteur, manifestant parfois pour lui une étonnante empathie. Ce fut le cas de Serge Ramond, créateur du musée de la mémoire des murs de Verneuil-en-Halatte qui a, dans sa vie, réalisé 3000 moulages de graffiti.

Hugo appartenait à cette seconde catégorie mais en raison de son puissant imaginaire, ce qu’il ignorait de la vie du scripteur, il le forgeait parfois et trouvait ainsi un sujet de pièce de théâtre ou de roman.

Ainsi naquirent Notre-Dame de Paris et plusieurs passages des Misérables par exemple.

 

A. Un étonnant observateur

1) Rien n’échappe à notre héros : un château en ruine, une église, un hôtel de ville; il cherche à pénétrer dans toutes les pièces, monte dès qu’il le peut au sommet d’un clocher. Dans la campagne, en traversant un village, il peut s’attarder de un à deux jours pour gagner un site ou gravir un sommet, s’aidant parfois des mains et des genoux. Ainsi au Pays basque espagnol, au-dessus de « Passages » (Pasajes de San Juan), part-il à 15 heures et n’arrive-t-il qu’à 18 heures, non sans noter sur un rocher, la présence, profondément gravées de cinq lettres en deux groupe !

L. R. H.

V. H.

Ainsi nous rapporte-t-il toujours le moindre détail et les graffiti en font partie.

2) À Pampelune, en 1843, sous le portail intérieur permettant de passer de la cathédrale au cloître, il note une inscription officielle où il est dit qu’un cardinal et un évêque accordent 80 jours, plus 40 jours d’indulgence à celui qui récitera un salut à genoux devant la très sainte image de Notre-Dame de l’Amparo.

Soudain, il voit une, deux, trois femmes agenouillées devant l’inscription et comme il achevait de noter la première inscription, « la belle dévote », écrit-il, se lève et en passant près de lui dit sans se détourner : « Caballero francès qui regardez tout, allez donc voir la sacristie ».

3) Il relève systématiquement des graffiti, même de mots abrégés jusqu’à ce qu’ils deviennent illisibles. On n’en saisit pas toujours le sens, mais il continue, impavide, son œuvre de transmission aussi bien dans ses notes non rédigées que dans ses lettres à Adèle.

En voici deux exemples :

– le 26/09/1839 (Martel, p. 212) : « Avignon…Palais des Papes…La prison où a été enfermé Rienzi – cachot éclairé d’une fenêtre ogive. Inscriptions sur le mur :

Quis mihi hoc tribunt?

[probablement un « tribuit » mal relevé : « Qui partagerait cela avec moi? »]

F. Graset.

Acusé par serment 158.. – IHS – Deus est pro nobis. – Videont RANOS – Longitudine rerum (illisible).

– Il y a parfois d’apparentes contradictions ou obscurités dans ses assertions, comme dans ce dernier cas (p. 228) où il fait preuve d’une curiosité et d’une recherche inépuisable :

Route de Draguignan…J’ai recueilli sur le mur d’une auberge cette inscription en sanscrit, dont les lettres rentraient presque les unes dans les autres :

ALALTE MILITERE

Après une longue étude, j’ai fini par découvrir que c’était une agacerie aux soldats altérés.

Où est le sanscrit ? Et Victor Hugo connaissait-il cette langue ?

 

B. Un touriste parfois indélicat

En mai 1825, il visite Chambord en amoureux avec Adèle. Il écrit à son ami l’écrivain Souillay de Saint-Valry : « J’ai visité hier Chambord…J’ai gravé mon nom sur le faîte de la plus haute tourelle, j’ai emporté une des pierres et de la mousse de ce sommet, et un morceau de chassis de la croisée sur lequel François Ier a inscrit les deux vers :

Souvent femme varie
Bien fol est qui s’y fie. »

On a dit, et Tallemant des Réaux l’a repris, que l’inscription sur la vitre de sa chambre était de la main du roi… (Note 1)

En tout cas, Hugo récupéra ces vers pour les insérer dans la scène II de la « Troisième journée » de Marie Tudor et les placer dans la bouche de Simon Renard.

 

C. L’empathie de l’auteur pour les « graffitistes »

On en trouve plusieurs exemples dans son œuvre.

1) Ainsi dans Les derniers jours d’un condamné (p. 25-27, Librio, 1997), quand il décrit son héros dans son « cabanon » (Note 2) de Bicêtre :

« Il semble que chaque condamné ait voulu laisser trace, ici du moins. C’est du crayon, de la craie, du charbon, des lettres noires, blanches, grises, souvent de profondes entailles dans la pierre, ça et là des caractères rouillés qu’on dirait écrits avec du sang.» (Note 3)

Il ajoute :

« Ce livre étrange qui se développe page à page à mes yeux sur chaque pierre de ce cachot ».

 

Suivent trente-trois lignes détaillant chaque motif de graffito, description un peu fastidieuse… Un moment l’auteur cite : « Bories.—La République » qui est le nom d’un des quatre sergents de La Rochelle qui avaient été enfermés dans la tour de la Lanterne à La Rochelle, et crayonné en blanc, dans un coin, un échafaud, alors que l’occupant de la cellule en question est condamné à mort !

2) Dans Notre-Dame de Paris, il met dans la bouche de l’alchimiste et archidiacre Frollo l’invite suivante :

« Je vous ferai lire les Hiéroglyphes dont sont couverts les quatre gros chenets de fer du portail de l’hôpital Saint-Gervais… Nous épellerons encore ensemble les façades de Saint-Côme, des Ardents… ».

 

3) Dans le chapitre VIII du Livre Ier des Misérables, il écrit :

« Un soir d’été Louis-Philippe, rentrant à pied, en vit un [un gamin], tout petit, haut comme cela, qui suait et se haussait pour charbonner une poire gigantesque sur un des piliers de la grille de Neuilly; le roi, avec cette bonhomie qui lui venait de Henri IV, aida le gamin, acheva la poire, et donna un louis à l’enfant en lui disant : la poire est aussi la-dessus. »

 

Très belle utilisation d’un fait historique, les dessins satiriques de poires se transformant peu à peu en portrait du monarque grâce à l’art de Philipon.

4) Hugo au château de Chillon au bord du Léman (« Le Rhin » tome 33 des œuvres complètes du Cercle des Bibliophiles, p. 464).

Il visite les cachots souterrains et en particulier celui d’un jeune genevois, Michel Cotié qui s’échappa en sautant dans l’eau mais se fracassa à la surface du lac gelé…

« Rien ne reste de lui que quelques dessins charbonnés sur le mur. Ce sont des figures demi-nature qui ne manquent pas d’un certain style; un Christ en croix presque effacé, une Sainte à genoux avec sa légende autour de sa tête en caractères gothiques, un Saint Christophe (que j’ai copié; vous savez ma manie) et un Saint Joseph. L’aventure de Cotié dément, à mon grand regret, la tradition Christofori faciem, etc. Son Saint Christophe ne l’a pas sauvé de mort violente.
Le soupirail par où Michel Cotié s’est précipité fait face au troisième pilier. C’est sur ce pilier que Byron a écrit son nom avec un vieux poinçon à manche d’ivoire, trouvé en 1536, dans la chambre du duc de Savoie, par les bernois qui délivrèrent Bonivard. Ce nom Byron, gravé sur la colonne de granit en grandes lettres un peu inclinées, jette un rayonnement étrange dans le cachot. »

 

D. L’intérêt de Hugo pour les graffiti historiques

Dans « Le Rhin. Lettres à un ami » (tome 33 du Cercle du Bibliophile), Hugo est parti en Allemagne en juillet 1832 et, de la page 35 à 60, il n’en décrit pas moins de cinq graffiti dont un en latin et un autre en espagnol qu’il s’efforce de déchiffrer et d’éclairer par le contexte historique général.

1) Le 22 juillet 1838, il visite l’église romane Notre-Dame de Châlons-en-Champagne, il est monté à la lanterne où il a trouvé « cette inscription gravée dans le plomb à la main et en écriture du seizième siècle :

Le 28 aoust 1580 la paix a ésté publiée à châl..

Cette inscription, à moitié effacée, perdue dans l’ombre, que personne ne cherche, que personne ne lit, voilà tout ce qui reste aujourd’hui de ce grand acte politique…la paix conclue entre Henri III et les huguenots par l’entreprise du duc d’Anjou, précédemment duc d’Alençon ». (Note 4)

 

2) À la Conciergerie (Choses vues, 1846).

« Je considérais cette table surtout, avec une curiosité pleine d’effroi. Des prisonniers y avaient gravé leurs noms. Vers le milieu, huit ou dix lettres commençant par un M et formant un mot illisble y étaient assez profondément entaillées. À l’une des extrémités avait été écrit au poinçon ce nom : Merel. Je cite de mémoire et je puis me tromper, mais je crois que c’est le nom. » p. 330

« Rien de remarquable du reste, dans cette cellule, si ce n’est que les murs étaient chargés d’inscriptions charbonnés de toutes parts. Voici les trois qui se détachaient en plus gros caractères que les autres : » (p. 347)

Corset. Je suis codanée à six moit pour vacabonage. Amour pour la vie.

 

3) Le dernier exemple mêle histoire et politique (Choses vues, 1848, p. 785).

« Les quatre mois qui suivirent Février furent un moment étrange et terrible…
Une baraque en plâtre avec un toit en zinc
Dont le mur charbonné porte : Vive Henri cinq !
Un plafond taché d’huile; un tapis taché d’encre;
»

 

II. Les graffiti laissés par Victor Hugo

 

A. Généralités

Le voyage de Paris à Lyon de François Timoléon, abbé de Choisy (Note 5) nous renseigne sur l’habitude qu’eurent les voyageurs du XVIIIe siècle, qui dura jusqu’aux deux-tiers du XIXe siècle, de donner leur avis sur la qualité de leur hébergement et des repas des auberges où ils étaient descendus, sous forme de graffiti laissés sur les lieux mêmes, ce qui permet d’excuser Victor Hugo de l’avoir fait à plusieurs reprises.

Arrivé à l’auberge de Saint-Nicolas à Saint-Pierre-le-Moûtier en Nivernais, Choisy écrit à son ami Florian à propos de son auberge :

« Je vous la ferai connaître comme la meilleure que j’ai trouvée en France et je recueille sur la cheminée une foule d’inscriptions honorables en français, anglais et allemand, toutes de bonne compagnie ; elle atteste la vérité de ce que je mis à mon tour sur cette cheminée polyglotte. Cela ne peut s’appeler « charbonner de ses vers les murs d’un cabaret ». Cette auberge ne mérite pas ce nom

On notera ce verbe « charbonner » qui est très fréquent chez Hugo quand il évoque des graffiti. Ainsi le16 septembre 1849, dans l’Oise, écrit-il (A.Martel, 34, p.447) : « Entre Beauvais et Clermont, j’ai lu ce vers charbonné sur la porte d’une chaumière : « Guillot et son mulet, c’est la même personne ».

Dans « Choses vues » (27 août 1846, p. 315) :

« Comme il passait, il vit trois petits enfants assis à terre et adossés à un vieux mur, blonds, hérissés, déguenillés, demi-nus…le petit levait la tête d’un air grave et regardait avec de grands yeux attentifs une figure charbonnée sur le mur : un rond reposant sur une sorte de colonne dense qui figurait le cou. L’enfant regardait cela, et cela regardait l’enfant. »

 

Dans « William Shakespeare », p. 92. « Des écoliers charbonnent sur la muraille, tantôt par admiration, tantôt par ironie, des vers connus, entre autres le singulier vers « iambique » en un seul mot de Phrynichus :

Archaiomélèsidonophrunicherata ».

Dans « le Rhin » (p. 290), dans le cloître de la cathédrale de Mayence, Hugo regarde une tête sculptée… « Au-dessus, la main d’un passant avait charbonné ce nom FRAUENLOB. Je me suis souvenu de ce Tasse de Mayence, si calomnié pendant sa vie, si vénéré après sa mort ».

Ayant appris que le conseil municipal de Charleville projetait la destruction d’une tour féodale de la cité, voici ce qu’il écrivit :

« Croyez-vous que jamais Rabelais, que jamais Hogarth auraient pu trouver quelque part faces plus drôlatiques, profils plus bouffons, silhouettes plus réjouissantes à charbonner sur les murs d’un cabaret ou sur les passages d’une batrachomyomachie ? ». (Note 6)

(Partie documentaire (p. 653) d’une édition de Notre-Dame de Paris chez Gallimard.)

 

B. Les caractéristiques des graffiti hugoliens

Hugo, voyageant parfois avec Juliette qu’il a rencontrée à partir de février 1833, inscrit volontiers son nom sur les monuments au point que Tristan Bernard s’en gausse (Note 7).

1) Ils sont de graphies variées, tantôt en capitales (Reims en 1865), tantôt en lettres cursives comme à Septmonts (Aisne) en 1835, tantôt partiellement en initiales romaines comme à Villers-la-Ville en Belgique en 1862. Ce sont des signatures ou des messages : phrases simples ou quatrains. Le 27 août 1834 il inscrit son nom sur la branche horizontale d’un graffito de crucifix du cachot du prisonnier dans la tour du château de Gisors. Lorsque Juliette est à ses côtés, il grave parfois son prénom comme sur la cheminée du donjon de Sepmonts.

Graffito de Victor Hugo - cheminée du donjon de Septmonts

2) Ce peuvent être au contraire des poèmes incisifs dirigés contre une gargotte ou une auberge pleine de puces, tantôt écrits sur le livre des voyageurs, tantôt sur le mur.

a) Ainsi dans « Alpes et Pyrénées » (p. 394, 1843), « Hugo en Espagne » : Dans une fonda, un prêtre écrit dans le livre des voyageurs : « Pensa aqui, ô hombre mortal, que muerto, comido eras de las viermes (Songe ici, ô mortel, que tu seras mangé par les vers). J’ai pris la plume et j’ai ajouté :

« Y que vivo, comido eras de las pulgas » (Et que vivant, tu seras mangé par les puce !)

 

b) Coulommiers, le 28 juillet 1835 (« France et Belgique », Martel, p.30)

« À Bray [l’actuel Bray-sur-Seine, en Seine-et-Marne] petite ville puante, j’ai écrit ce quatrain, en m’éveillant, sur le mur de l’auberge :
Au diable! Auberge immonde! Hôtel de la punaise!
Où la peau le matin se couvre de rougeurs ;
Où la cuisine pue, où l’on dort mal à l’aise,
Où l’on entend chanter les commis-voyageurs! »

 

c) Trois jours après la visite de Septmonts, voici ce que Hugo pense à Laon de leur auberge de La Hure à l’hygiène douteuse. Il écrit sur l’un des murs ce texte qu’il transcrit dans un de ses carnets le 30 juillet 1835 :

Vendeur de fricot frelaté
Hôtelier chez qui se fricasse
L’ordure avec la saleté
Gargotier chez qui l’on ramasse
Soupe maigre et vaisselle grasse
Et tous les poux de la cité,
Ton auberge, comme ta face
Est « hure » pour la bonne grâce
Et grouin pour la propreté.

L’écrivain a réitéré à Autun sur le mur d’une auberge proche de la porte romaine d’Arroux.

3) Ce sont souvent des graffiti satiriques ou vengeurs, comme on en trouve un autre exemple pour 1846 dans Choses vues :

Lors de la visite à la Conciergerie, trois nouveaux députés s’extasient sur les travaux faits pour embellir la prison et de là, glosent sur Paris qui s’embellit prodigieusement « grâce aux architectes de bon goût qui modernisaient (sic) les anciens édifices ». Hugo écrit :

« Cela me fit songer qu’en effet M.Peyre a fait au Palais de justice ce que M. Godde a fait à Saint-Germain-des-Prés et ce que M.Delbret a fait à Saint-Denis ; et, pendant que M.Le bel donnait quelques ordres au gardien, j’écrivis au crayon sur un des piliers de la salle des cheminées, ces vers :

Un sixain vaut une longue ode
Pour chanter Debret, Peyre et Godde ;
L’oison gloussant, l’âne qui brait,
Fêtent Godde, Peyre et Debret
Et le dindon, digne compère,
Admire Debret, Godde et Peyre. »

 

C. Les exemples les plus connus

Au total, nous n’ont survécu qu’une grosse demi-douzaine de graffiti assurés, ce qui n’est pas considérable.

Nous avons évoqué le graffito de Septmonts : « Victor Hugo Juliette 29 juillet 1835 ». On connaît un graffito sur l’un des piliers du palais du Tau à Reims : « Victor 1846 »

 

Graffito de Victor Hugo sur un pilier du palais du Tau

Le 2 septembre 1862, en exil en Belgique, Hugo visite les ruines de l’abbaye de Villers. Il aurait griffonné ces vers à l’entrée des ruines contre le vandalisme des touristes :

Veni, vidi, flevi (Je suis venu, j’ai vu, j’ai pleuré)
« Ô fats, sots parvenus, ô pitoyable engeance qui promenez ici votre sotte ignorance et votre vanité, cessez de conspuer cette admirable ruine, en y bavant vos noms qui comme une vermine souillent sa majesté. »

Rendue illisible avec le temps, l’inscription fut restaurée en 1934 à l’aide d’une carte postale de 1901. Le graffito a été malencontreusement détruit par le gestionnaire en 1993 et il ne reste plus que quelques lettres.

Les dernières traces d’un pamphlet gravé par V. Hugo sur les ruines de l’abbaye de Villers

On voit que pour le poète, le graffito peut être l’occasion de manifester sa réprobation contre la destruction de restes historiques. « Charbonner » devint une arme comme l’a montré l’affaire de Charleville.

À Velmich, Hugo prend des risques pour visiter la ruine d’une tour ronde « d’une élévation prodigieuse » (Le Rhin, 1832, p. 149) : « Ces deux noms sur le mur :

Phoedovicius Kutorga.

J’écris le mien à côté avec un morceau de Basalte pointu. »

D. Les graffiti attribués à tort à Hugo

On croit souvent que les vieux murs sont couverts de faux graffiti de personnages célèbres, c’est faux, même si Victor Hugo est, à ce propos, souvent cité.

1) Le cas de la Touraine

Sur nos 210 relevés de graffiti sur les églises tourangelles, nous n’avons trouvé qu’une fausse signature : « V. Hugo » en lettres minuscules. C’est en haut de l’escalier du clocher de l’église de Saint-Épain (Indre-et-Loire); immédiatement en dessous, il y a, cette fois en majuscules : « BERANGER 1851 ». Certes, les deux hommes ont correspondu mais d’après l’historien de la littérature François Gaël Theuriau, le chansonnier n’est jamais venu cette année-là en Touraine et Hugo fuit alors à Bruxelles.

2) Le cas de Maintenon (Eure-et-Loir)

Dans la ferme du château de Maintenon, dans un contexte de nombreux graffiti de la fin du XIXe siècle, on peut lire : « La vie est un désert et la femme le chameau qui nous aide à le traverser », phrase signée « Victor Hugo »

Graffito faussement attribué à Victor Hugo – ferme du château de Maintenon

 

D’abord, cette réflexion d’origine orientale ne correspond pas aux idées de Hugo, ensuite l’inscription n’est pas de la main de Hugo où on ne voit jamais de telles boucles au h, et de tels H majuscules; enfin c’est typiquement une écriture du XXe siècle. Bien sûr, l’écrivain a visité le château et en a laissé un superbe dessin avec cette légende : « Souvenir de Maintenon 16 juin 1836. CN ». Cela peut expliquer l’origine du faux mais l’étude des écritures cursives qui évoluent en général toutes les cinquantaines d’années, ne permet aucun doute.

3) Un cas particulier

« J’oubliais de te dire que, sous les vieilles casemates du Château-Gaillard, j’ai trouvé mon nom écrit au crayon à côté du nom de Rossini » (p.41, « France Belgique », Martel, 1835 ).

 

III. Les dessins de graffiti reproduits par Hugo

 

A. Hugo a laissé 2000 dessins les plus divers

Si l’on totalise les moindres tracés retrouvés dans six carnets, ses lettres et ses manuscrits originaux (Note 8). Son œuvre picturale a été appréciée et publiée de son vivant avec l’ouvrage Dessins de Victor Hugo, album en deux volumes publié chez Castel en 1862 dont les dessins ont été gravés par Paul Chenay. Dans la préface de cet ouvrage, Théophile Gautier écrit (p.3) :

« Le poëte possède cet œil visionnaire dont il parle à propos d’Albrecht Dürer; il voit les choses par leur angle bizarre, et la vie cachée sous les formes se révèle à lui dans son activité mystérieuse »

B. Parmi ces dessins,

on relève quelques graffiti qui l’avaient frappé et qu’il a voulu reproduire. L’exemple le plus représentatif se déroule sous une pluie battante, pendant la visite avec Juliette du château de Gisors, alors que revenant de Brest (Note 9), ils passent par Étampes, Pontoise et Conflant, le 27 août 1834. Hugo réalise six dessins au crayon dont trois (les n° 35, 36 et 39) sont des copies de graffiti de prisonniers dans la tour du même nom.

Le n° 37 est le donjon de Gisors sur sa motte, croqué sous la pluie; le 38 représente la tour du prisonnier avec pour légende : « Entrée de la tour du Prisonnier, 27, 12h30 »; le dessin n° 40 est un motif architectural en X avec pour légende : « figure répétée trois fois ». Il termine en écrivant :

Gisors
en route, j’en sors
4h Beauvais
J’y vais.

Ce sont des dessins sur des feuilles bleutées filigranées ou beige vergé. Feuille n° 35

Dessin de Victor Hugo : graffito représentant deux chevaliers

Les dessins sont encadrés de plusieurs phrases dont, entre autres, en haut de la feuille,

« parti vs Marnie (?) pour Gisors à 6 h. du matin »

et en bas :

« Gisors dessins de prisonniers 27 à midi ».

Au centre, on peut voir la reproduction d’un tombeau avec un gisant de femme au corps d’un profil très moderne et dont la tête est désaxée par rapport au corps; on lit au pied du tombeau :

« AVEC POURCI » (?).

En dessous, à gauche, une crucifixion esquissée avec deux silhouettes au pied de de la croix; à droite, un écu avec trois fleurs de lys surmontées d’une bande de quatre « V », et une fleur de lys isolée. Dessin n°36

Dessin de Victor Hugo : graffito représentant deux chevaliers

C’est le dessin de deux chevaliers en armure qui s’affrontent dans une joute avec leurs lances. Ce graffito est moderne et le « DUFOUR 1824 » est peut-être une signature. Dessin n° 39

 

Dessin de Victor Hugo – « entrée du cachot »

« entrée du cachot ». C’est une porte primitivement lancéolée modifiée au XVe siècle qui laisse apercevoir les marches d’un escalier montant. Sur le montant de droite, quatre pierres portent des inscriptions et de petits dessins non interprétables.

Nous voyons donc qu’ Hugo s’intéresse aux graffiti quel que soit leur âge et que ceux de Gisors lui serviront puisque l’un d’eux sera utilisé cinq ans après dans le projet de décor des Jumeaux.

 

IV. Les graffiti utilisés par l’auteur

 

A. Un élément du décor

1) Dans Les Misérables, tome II, Hugo, à Waterloo, visite la ferme-château de Hougomont, « un lieu funèbre » et évoque la chapelle et les graffiti qui entourent le Christ en croix qui avait résisté à l’incendie de 1815 mais qui a été volé en novembre 2010!

2) Dans Les Travailleurs de la mer (éd. Nelson, Tome 1, p. 235), Hugo décrit la demeure isolée et hantée de Plainmont, près de la pointe de Torteval à Guernesey : « Au-dessus de la porte murée, sur la pierre qui fait l’architrave sont gravées ces lettres : ELM-PBILG, et cette date : 1780 ».

C’est une petite touche dans la description de cette maison abandonnée.

Il ne livre plus loin qu’un détail (p.237) : ces lettres « sont le double monogramme de deux familles, et qui indique, suivant l’usage, que la maison a été construite pour l’établissement d’un jeune ménage. »

3) Ces notations qui paraissent parfois superflues, sont une façon de renforcer la véracité des descriptions et reposent sur un corpus d’observations permanentes au cours de ses promenades ou de ses voyages. Ainsi dans Notre-Dame de Paris, écrit-il à propos de la maison de Nicolas Flamel : « …ces deux caves dont les jambes étrières avaient été barbouillées de vers et d’hiéroglyphes sans nombre par Nicolas Flamel lui-même. » Dans Les Travailleurs de la mer, un logis de Saint-Malo, La Jacressarde, a trois locataires dont un chiffonnier (p.264) : « Sur la cloison, au-dessus du grabat… on voyait deux colonnes de chiffres à la craie, tracées par le chiffonnier semaine à semaine, une colonne de 3 et une colonne de 5, selon que le setier de grain coûtait trois liards ou cinq centimes. »

B. Une partie prenante du texte

1) Dans Choses vues (Note 10), Hugo, en exil à Guernesey, visite le pénitencier local, le 5 décembre 1855, où le condamné à mort Tanner avait été incarcéré (Tome II, p. 51)

« La paillasse avait été retirée, en sorte qu’on voyait à nu le tablier du bois de lit, sur lequel une foule de noms et d’inscriptions avaient été gravées avec des couteaux ou des clous. Cela formait une sorte de forêt de lettres presque effacées. On y distinguait, entre tous, les trois mots que voici, plus lisibles que les autres

GUERRE
HISTOIRE
CAIN

Tout le crime n’est-il pas là?
Dans un coin du tablier, il y avait quelques silhouettes de navires grossièrement dessinées. »

 

2) Dans le livre sixième de Notre-Dame de Paris (Note 11) c’était une loge où s’étaient enfermées de nombreuses recluses.

« Comme il n’y avait pas de porte à la cellule murée de la Tour-Rolande, on avait gravé en grosses lettres romanes au-dessus de la fenêtre ces deux mots :

Tu, ora [toi, prie]

ce qui fait que le peuple, dont le bon sens ne voit pas du tout de finesse dans les choses…avait donné à cette cavité noire, sombre et humide, le nom de Trou-aux-Rats ».

 

3) Voici un cas où un graffito de l’époque de Hugo sert de repère dans un monument pour une action qui se passe au Moyen Âge. Dans Notre-Dame de Paris, Jehan de Molendino arrive à Notre-Dame parce qu’il veut voir tout en haut de la tour septentrionale la « logette aux sorcelleries » de son frère alchimiste (Frollo). Il dépasse la cage aux cloches et rencontre sur un petit palier dans un renfoncement latéral « une basse porte ogive » avec une« énorme serrure et une puissante armature de fer ». L’auteur poursuit :

« Les personnes qui seraient curieuses aujourd’hui de visiter cette porte la reconnaîtront à cette inscription, gravée en lettres blanches dans la muraille noire :

J’ADORE CORALIE. 1829. SIGNÉ UGÈNE »

[« signé » est dans le texte].

Nous sommes dans la description d’un beau monument gothique et, en un instant, le conte médiéval fait place à un vulgaire graffito. C’est l’un des paradoxes hugoliens.

Cet artifice ressortit aussi de l’orgueil de l’auteur qui veut montrer qu’il connaît à fond le monument, y compris à une hauteur désormais interdite au public.

 

C. Hugo est sensible aux bons graffiti humoristiques

En voici deux exemples tirés du tome 1 de Choses vues (Le Cercle des bibliophiles) :

– p. 217 : « 8 juin–Hier rue de Bellechasse, à une affiche des Ateliers nationaux, un passant avait ajouté, au crayon, un R. Cela faisait

RATELIERS NATIONAUX. »

– p. 225, à propos des émeutes du 25 juin 1848 : « Partout sur les volets des boutiques fermées, faubourg Saint-Antoine, les insurgés avaient écrit :

« Mort aux voleurs! ».

Sur les arcades de la place Royale, il y a :

« Maure aux voleurs ».

 

D. Le graffito : arme politique dans Choses vues

1) P.139, on peut lire : « Rochefort m’a dit hier : j’ai écrit sur le mur de ma cellule les trois vers que vous avez faits sur moi dans L’année terrible ;

Ils viennent, louches, vils, dévots, frapper à terre
Rochefort, l’archer fier, le puissant sagittaire
Dont la flèche est au flanc de l’empire abattu. »

2) P. 381 : « À cette époque, [1848] on voyait encore dans les faubourgs, que les dernières élections à l’Assemblée Nationale avaient si visiblement émus les noms des candidats populaires qu’ils étaient charbonnés sur tous les murs. Louis Bonaparte était un de ces candidats. Son nom était mêlé, dans ces espèces de bulletins à ciel ouvert, aux noms de Raspail et de Barbès. »

3) Une curieuse étude de graffiti à la Chambre : p. 381, 382 :

« Dans l’assemblée constituante de 1848, les représentants étaient assez mal installés…Sur le pupitre de M. Ledru-Rollin on voyait une tête dessinée et à côté les deux lettres SO qui commençaient peut-être le mot socialisme. Ce nom, Michel, était écrit dans un coin. Le reste du pupitre était couvert d’arabesques fantasques.

Le pupitre de M. de La Mennais, placé tout près sur le même banc, offrait ces deux dates mystérieuses : 21 X bre, 29 bre; au-dessus était écrit ce mot : AIME…
…Sur le pupitre de Lamartine, on lisait :

AMOR

P.383… Au-dessous du nom de M. de Montalembert on lisait cette ligne écrite à l’encre

De la Société de Judas

Un autre visiteur avait gravé avec un clou ou un poinçon ces deux mots sur la tablette

Séide imbécile

P. 386 Un autre grava dans le tiroir de Monsieur Guizot au banc des ministres :

La royauté est abolie.
Vive Louis Blanc!

4) À Klef, le 22 septembre 1863, au bord de la Sarre allemande, sur un mur du bourg de Montclair, Hugo trouve des « inscriptions républicaines sur le mur. Je remarque celle-ci : Solidarité des peuples et communion des idées. Glatigny »
[sans doute l’écrivain Albert Glatigny] (p. 461 des « voyages et excursions », André Martel, tome 34).

E. Le graffito au centre d’une construction romanesque

1) Le cas de Notre-Dame de Paris

Le roman s’ouvre sur l’étrangeté d’un graffito, pour beaucoup illisible, car en grec ancien et en lettres capitales. Il faut noter que l’auteur ne traduit presque jamais les graffiti grecs ou latins qu’il relève, voire même, parfois, ceux en langue étrangère. Dès la première ligne, les lecteurs sont victime d’une captatio benevolentiae :

« Il y a quelques années qu’en visitant, ou, pour mieux dire, en furetant Notre-Dame, l’auteur de ce livre trouva, dans un coin obscur de l’une des tours, ce mot gravé à la main sur le mur:

‘ANAΓKH
[anágkē]

 

Ces majuscules grecques, noires de vétusté et assez profondément entaillées dans la pierre…c’était une main du Moyen Âge qui les avait écrites là, surtout le sens lugubre et fatal qu’elles renferment, frappèrent vivement l’auteur…
Depuis, on a badigeonné ou gratté (je ne sais plus lequel) le mur, et l’inscription a disparu. Les mutilations leur viennent de toutes parts, du dedans comme du dehors. Le prêtre les badigeonne, l’architecte les gratte, puis le peuple survient qui les démolit.
»
Huit lignes plus loin on peut lire : « C’est sur ce mot qu’on a fait ce livre ».
On ne peut mieux être renseigné sur ce qui advient aux graffiti au cours du temps et être plus explicite pour la construction du roman. En effet, c’est à la fin de l’ouvrage, que nous est donnée l’explication du début (France Loisirs, pp. 304 à 307). Jehan espionne longuement Claude Frollo dans sa cellule au sommet de la tour nord; il observe son ire parmi ses vases et ses cornues et, d’un seul coup, il le voit se lever, prendre un compas et graver le mot grec anankè en lettres capitales. Il en demande alors à son frère la signification et Dom Claude de lui répondre : « fatalité ».

 

Dans le supplément final de cet ouvrage édité par France Loisirs, intitulé « La vie de Victor Hugo », on a illustré la p. 23 à l’aide d’une gravure de L. Boulanger conservée au musée Victor Hugo mais non exposée actuellement et accompagnée de la légende suivante : « Victor Hugo déchiffrant le mot anágkē (destin) dans l’escalier des tours de Notre-Dame. »

Reproduction d’une gravure de L. Boulanger conservée au musée Victor Hugo

2) Les Travailleurs de la mer

C’est un ouvrage où l’on rencontre de nombreux chapitres digressifs, en particulier dans l’introduction : « L’archipel de la Manche ». La première apparition du héros et de celle qu’il aime, Deruchette, se situe dans la 2e page du Livre premier (p. 92-93 du tome I, édit. Nelson). Le titre du 1er chapitre nous met sur la piste :
« Un mot écrit sur une page blanche ». Un homme marche à quelque distance derrière une jeune fille; celle-ci après s’être retournée et l’avoir regardé, se baisse : « et l’homme crut voir qu’elle écrivait avec son doigt quelque chose sur la neige ». En marchant, il arrive à l’endroit où « Deux petits pieds s’y étaient imprimés, et à côté il lut ce mot tracé par elle dans la neige :

Gilliat.
Le mot était son nom.
Il s’appelait Gilliatt.
»

Comme pour Notre-Dame de Paris où on évoque à nouveau le graffitte liminaire à la fin dans le chapitre sept pour montrer qu’il est le début et la fin de l’ouvrage, on en reparle ici dans le dernier chapitre (p. 305, éd. Nelson II) où l’on voit qu’il a fait naître l’amour de Gilliat pour Deruchette. Gilliat dit à cette dernière, qui est «just married», et qui va embarquer pour des régions lointaines : « La chose remonte à un jour où il y avait de la neige. Et puis une fois que je passais, j’ai cru que vous aviez souri ».

3) Ne pourrait-on ajouter ici le symbole terminal des Misérables, l’épitaphegraffito de la tombe de Jean Valjean, depuis disparu? (Livre IX, chapitre 6, V) :

« On y lit aucun nom. Seulement voilà de cela bien des années déjà, une main y a écrit au crayon ces quatre vers qui sont devenus peu à peu illisibles sous la pluie et la poussière, et qui probablement sont aujourd’hui effacés :

Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange
Il vivait. Il mourut quand il n’eut plus son ange;
La chose simplement d’elle-même arriva,
Comme la nuit de fait lorsque le jour s’en va.
»

Conclusion :

Cette magie de l’écrit et cet amour des graffiti ne peuvent-ils trouver plus belle incarnation que l’action de Gennaro dans Lucrèce Borgia, qui fait sauter à coups de poignard le B de Borgia dans les armes de la famille alliée aux Ferrare et affiche donc orgia aux yeux du mari de Lucrèce, le duc de Ferrare et des habitants de la ville.

 

Bibliographie

Arty (René) (2002), Impressions de Belgique, textes de Victor Hugo, 35 dessins, Bruxelles, Dexia-Luc Pire, 127 p.
Couderc (Jean-Mary) (2014) Graffiti de Touraine, de France et d’ailleurs, Société archéologique de Touraine, La Simarre, Joué-les-Tours, 234 p., 414 clichés.
Martel (André) (1955) Œuvres complètes de Victor Hugo (34 vol.), Givors (Rhône).
Massin (Jean) directeur, 1967-1970, Victor Hugo. Œuvres complètes, 18 vol., en particulier : œuvre graphique, vol. 17 et 18.
 

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